Une tour Mac Pro d’Apple exposée dans une boutique

Apple aurait testé des Mac Pro Intel et M3 Ultra avant d’arrêter la gamme

Un rapport de Bloomberg décrit deux projets de Mac Pro non commercialisés : le J170 sous Intel et le J190 sous M3 Ultra. Aucun n’est sorti avant l’arrêt de la tour.

20 juillet 20264 minProduits

Apple aurait étudié deux configurations supplémentaires de Mac Pro avant d’arrêter la gamme en mars 2026. Selon les informations de Mark Gurman pour Bloomberg, relayées par 9to5Mac et AppleInsider, ces projets internes portaient les noms J170 et J190. Le J170 utilisait un processeur Intel, tandis que le J190 associait le châssis du Mac Pro à une puce M3 Ultra. Aucun n’a été commercialisé.

Le projet Intel est notable, mais les informations disponibles n’en établissent pas la raison précise. Bloomberg indique seulement qu’il devait répondre à certains usages. Cela ne suffit pas pour invoquer la virtualisation, la compatibilité de logiciels, les cartes graphiques PCIe ou une charge de calcul particulière. Ces explications restent des hypothèses et ne peuvent pas être attribuées à Apple.

Le J190 suivait une trajectoire plus prévisible. Il aurait été envisagé autour du lancement du Mac Studio M3 Ultra, au début de 2025. Son annulation montre que le choix d’Apple silicon ne garantissait pas à lui seul une nouvelle génération de Mac Pro. En mars 2026, Apple a confirmé l’arrêt du produit et l’absence de matériel futur prévu, laissant au Mac Studio la place de Mac de bureau le plus performant.

Le même rapport affirme qu’Apple a développé des puces M2 Extreme et M3 Extreme, situées au-dessus du niveau Ultra, avant d’abandonner ces travaux car la demande attendue ne justifiait pas leur coût. Apple n’ayant jamais annoncé publiquement ces puces, elles restent des projets internes rapportés et non des produits confirmés. L’ensemble documente des pistes explorées, pas des machines promises aux clients.

L’histoire du Mac Pro explique l’intérêt de ces prototypes. La tour est apparue en 2006 comme la remplaçante, sous Intel, du Power Mac G5, et elle a passé la décennie suivante à incarner la machine qu’Apple montrait chaque fois que les professionnels doutaient de son engagement dans l’informatique haut de gamme. La refonte cylindrique de 2013 a échangé l’extensibilité contre la compacité et a mal vieilli ; la tour de 2019 a fait marche arrière, avec le retour des connecteurs PCIe, d’une mémoire remplaçable par l’utilisateur et d’un châssis conçu pour des cartes graphiques exigeantes. C’est ce design de 2019, sous une forme actualisée, qui aura accompagné la gamme jusqu’à sa fin.

La transition vers Apple silicon a lancé le compte à rebours. Apple a annoncé l’abandon d’Intel à la WWDC 2020 et l’a achevé, symboliquement, avec l’arrivée du Mac Pro M2 Ultra en juin 2023. Mais cette machine incarnait précisément la tension que laissent deviner les prototypes : elle conservait des connecteurs PCIe pour les cartes spécialisées tout en abandonnant la prise en charge des cartes graphiques tierces et de la mémoire installée par l’utilisateur, puisque Apple silicon intègre les deux au boîtier de la puce. Résultat : une tour nettement plus chère qu’un Mac Studio doté de la même puce, en échange d’une extensibilité dont de moins en moins d’acheteurs avaient besoin.

Ce contexte explique la fascination pour le J170 sans pour autant autoriser de conclusions à son sujet. Ce qu’une station de travail Intel sait faire et qu’Apple silicon ne fait pas — cartes graphiques dédiées, grandes quantités de mémoire installée par l’utilisateur, large compatibilité x86 — est bien documenté, et correspond exactement aux capacités que certaines niches professionnelles n’ont jamais cessé de réclamer. La tentation est forte de relier ces points. Mais en l’état des informations disponibles, ces points sont tout ce que l’on a, et le récit de Bloomberg ne dit pas lesquels, s’il y en a, ont motivé le projet.

L’histoire des puces suit elle aussi un schéma antérieur à ce rapport. Les processeurs de classe Ultra d’Apple sont fabriqués en reliant deux puces Max par une interconnexion à très haut débit, et des rumeurs faisant état d’un palier « Extreme » à quatre puces circulaient dès la génération M1. Dès 2022, Bloomberg rapportait qu’Apple avait remisé une puce à quatre dies parce que l’équation économique d’un processeur vitrine à faible volume ne tenait pas. Le sort attribué aux M2 Extreme et M3 Extreme se lit comme le même calcul répété : l’ingénierie était réalisable, mais le marché trop étroit pour la financer.

Pour les professionnels en activité, le paysage est désormais fixé. Le Mac Studio occupe le sommet de la gamme de bureau, et les utilisateurs qui dépendent de cartes PCIe en sont réduits aux châssis d’extension Thunderbolt, lesquels accueillent des cartes audio, d’acquisition vidéo, de réseau et de stockage, mais pas de matériel graphique. Quiconque a réellement besoin de GPU dédiés ou de mémoire au-delà de ce que contient le boîtier de la puce s’est en somme vu signifier que le Mac ne s’adresse plus à lui — une frontière qu’Apple avait tracée implicitement avec la machine de 2023 et rendue explicite en mars.

Ce que documente finalement ce rapport, c’est une entreprise qui teste les sorties avant de fermer une porte. Vingt ans après le premier Mac Pro, Apple a manifestement examiné aussi bien un pas en arrière vers Intel qu’une dernière poussée sur Apple silicon, pour conclure qu’aucune des deux ne donnait une machine digne d’être commercialisée. La fin est plus réfléchie qu’un arrêt discret pouvait le laisser croire — et, pour les derniers fidèles de la tour, sans doute plus froide.

Sources
9to5Mac — Apple’s scrapped Mac Pro plans reportedly included an Intel model
AppleInsider — Apple planned two more Mac Pro models
9to5Mac — Apple discontinues the Mac Pro
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