
Euro Pictures / Sarra Benyaich — S’ARTIST PHOTOGRAPHY · CC BY 2.0
Boutiques alternatives : ce qui change dans le contrat européen d’Apple le 1er octobre
L’Attachment 14 remplace l’addendum européen séparé. Les exploitants existants doivent accepter le contrat actualisé, tandis que les nouveaux candidats disposent d’autorisations distinctes pour développer et distribuer.
Un changement de contrat, pas la naissance des boutiques alternatives
La documentation développeur d’Apple fixe au 1er octobre 2026 le remplacement de l’Alternative Terms Addendum for Apps in the EU par l’Attachment 14 du contrat de licence du programme développeur Apple. Les exploitants de places de marché déjà présents dans l’Union doivent accepter le contrat actualisé. Les frais et commissions accumulés au titre de l’ancien addendum restent dus : le changement de contrat ne les efface pas.
Le modèle tarifaire unifié a été annoncé en août et traité dans notre analyse des nouvelles conditions européennes. La question opérationnelle est plus précise : que doit modifier un exploitant pour garder son compte, ses autorisations et ses déclarations en cohérence ? Les boutiques alternatives existent déjà. Cette échéance ne marque pas la première possibilité de distribuer hors de l’App Store.
Développer n’autorise pas à distribuer
Un candidat peut demander une autorisation de développement ou de distribution. Apple indique que la première est attribuée peu après le dépôt de la demande et permet de travailler et de tester dans Xcode. La distribution nécessite une vérification de l’éligibilité. En cas d’approbation, l’autorisation est attribuée le 1er octobre 2026 ou à la date d’approbation si celle-ci est postérieure. Construire la boutique et pouvoir l’ouvrir aux clients sont donc deux étapes distinctes.
Des voies permettent de distribuer plus tôt. Les candidats autorisés à exploiter une boutique au Japon ou au Brésil, ou approuvés par la voie de la lettre de crédit ou du million d’installations, peuvent le demander avant octobre, à condition d’accepter l’ancien addendum européen. Une autorisation étrangère ne se transfère pas automatiquement : une demande européenne distincte reste nécessaire. Le planning de lancement doit donc séparer approbation, attribution de l’autorisation et ouverture au public.
Sept voies d’éligibilité alternatives
Outre l’inscription comme organisation et les engagements permanents d’exploitation, le candidat doit remplir l’un de sept critères : une exonération approuvée des frais du programme pour une association, un établissement d’enseignement ou une entité publique éligible ; une note de risque Dun & Bradstreet admissible ; une cotation boursière admissible, y compris par l’intermédiaire d’un groupe ; un financement par un fonds figurant sur les listes précisées par Apple ; une lettre de crédit ; un audit financier admissible ; ou une application dépassant un million de premières installations annuelles mondiales durant l’année civile précédente.
Les détails empêchent de classer simplement les candidats entre riches et petits. Le financement n’a pas de montant minimal. La lettre de crédit porte sur un million de dollars, ou son équivalent local, auprès d’un établissement noté au moins BBB− ou équivalent, et doit être maintenue au moins six mois après le début de la distribution. La voie des installations exige deux années continues d’inscription en règle. L’audit doit dater de moins de trois ans et présenter une opinion non modifiée et sans réserve ; Apple précise ne pas évaluer la valeur des actifs dans cette voie. Aucune de ces règles ne fixe d’effectif minimal.
Une exonération limitée, pas la gratuité pour toute petite application
Apple décrit une Core Technology Commission de 5 % sur les ventes numériques concernées des boutiques alternatives et de leurs applications, y compris les achats web admissibles dans les sept jours suivant un clic sur un lien sortant. Un petit exploitant peut obtenir une exonération sur le prix de téléchargement de sa boutique ou les abonnements donnant accès aux applications distribuées. Cela ne constitue pas une exonération automatique pour chaque développeur qui vend dans la boutique.
L’exploitant doit réaliser moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires mondial sur les douze derniers mois et moins d’un million d’euros de revenus cumulés depuis l’origine pour ces frais de téléchargement ou d’abonnement d’accès de la boutique européenne. Le chiffre d’affaires mondial inclut les entités associées et les activités hors applications. Les deux seuils répondent à des questions différentes : taille récente de l’activité et recettes cumulées de certains frais. Il faut deux calculs, pas un seul total annuel de revenus d’applications.
Les déclarations font partie du coût d’exploitation
Les exploitants doivent déclarer à Apple leurs transactions de biens et services numériques, y compris celles qui n’ont pas abouti à une vente. Les développeurs ont leurs propres obligations déclaratives sur les achats dans leurs applications et via des liens sortants. Les exploitants assument aussi des responsabilités en matière de fraude, de propriété intellectuelle, de paiements et de remboursements pour lesquelles Apple indique ne pas pouvoir les assister.
La commission n’est donc qu’un élément du modèle économique. Une boutique doit disposer de systèmes distinguant tentatives et achats finalisés, ainsi que ses transactions de celles des développeurs. La documentation ne permet pas d’assimiler chaque panier abandonné à une facture, mais montre pourquoi recenser les revenus soumis à commission ne suffit pas. Avant le lancement, les équipes doivent confronter les consignes déclaratives à leurs parcours d’achat réels.
La démarche d’un exploitant existant
Le titulaire du compte doit accepter le contrat actualisé contenant l’Attachment 14. Apple précise qu’un exploitant déjà approuvé sous l’ancien addendum n’a pas à redéposer de demande d’autorisation. Les conditions unifiées s’appliquent à son compte le 1er octobre 2026 ou à la date d’acceptation si elle est postérieure. Cette règle propre au compte est plus précise que l’affirmation selon laquelle chaque développeur devrait refaire sa demande avant l’échéance.
L’exploitant existant doit donc identifier la personne habilitée à accepter, vérifier le statut contractuel du compte et conserver un relevé des sommes dues sous les anciennes conditions. Un nouveau candidat doit vérifier séparément sa voie d’éligibilité et son autorisation de distribution. Tous deux doivent contrôler leurs déclarations et leurs calculs d’exonération. Le contrat s’unifie ; les responsabilités pratiques d’une place de marché restent distinctes et importantes.