Le premier trimestre fiscal 2026 d’Apple a battu les précédents records, avec un chiffre d’affaires total de 143,8 milliards de dollars, en hausse de 16 % sur un an. Ces chiffres proviennent des résultats publiés par Apple le 29 janvier 2026, pour le trimestre clos le 27 décembre 2025. Le bénéfice dilué par action a atteint 2,84 dollars, soit une progression de 19 % par rapport à la même période l’an dernier, signe d’une forte croissance des revenus mais aussi d’une amélioration de l’efficacité opérationnelle et des marges.

Ce chiffre exige son calendrier pour être lu correctement. L’exercice fiscal d’Apple se clôt fin septembre, ce qui fait de son premier trimestre la période d’octobre à décembre, celle qui contient à la fois les fêtes et le premier trimestre complet de ventes d’iPhone après un lancement en septembre. C’est structurellement le plus gros trimestre de l’entreprise, chaque année. Un record établi au premier trimestre est un record mesuré face au premier trimestre précédent, et non face à quoi que ce soit qu’Apple ait réalisé dans les mois qui viennent de s’écouler.

Ce que ce chiffre ne contient pas, ce sont les volumes. Apple a cessé de communiquer le nombre d’iPhone, d’iPad et de Mac vendus à la fin de son exercice 2018, et ne publie depuis que son chiffre d’affaires par catégorie. Un trimestre iPhone à 85,27 milliards de dollars ne peut donc pas être décomposé de l’extérieur entre volume et prix. Une croissance de cette ampleur peut venir de la vente d’un plus grand nombre de téléphones, de téléphones plus chers, ou d’un mélange des deux — et Apple ne publie plus la différence.

L’iPhone a livré la performance la plus marquante, avec 85,27 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Ce niveau historique témoigne d’une demande toujours soutenue pour les appareils phares d’Apple, notamment dans les marchés émergents et auprès des clients remplaçant d’anciens modèles. Les ventes d’iPhone se sont accompagnées de résultats record dans l’ensemble des grandes catégories de produits.

Les Services ont atteint un record absolu de 30,0 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 14 % sur un an, une étape importante pour cette activité à marge plus élevée. Cette performance souligne la force de l’écosystème Apple, les clients recourant de plus en plus aux abonnements iCloud, Apple Music, Apple TV+, Apple Arcade et à d’autres services. Cette croissance apporte à Apple des revenus récurrents plus prévisibles, qui soutiennent la valorisation du titre.

L’étape franchie par les Services compte davantage par sa marge que par son montant. Apple publie séparément ses marges brutes pour les produits et pour les services, et la ligne services évolue depuis des années à un niveau environ double de celle des produits. C’est le mécanisme qui explique l’essentiel de ce que l’on qualifie d’efficacité opérationnelle dans des trimestres comme celui-ci : quand les services croissent plus vite que le matériel, la marge globale de l’entreprise s’élargit sans qu’aucun prix n’augmente.

Les Services constituent aussi la ligne la moins homogène qu’Apple publie. Elle regroupe l’App Store, iCloud, Apple Music et Apple TV+, AppleCare, la publicité et les paiements, ainsi que la redevance versée par Google pour rester le moteur de recherche par défaut dans Safari — un accord unique à très forte marge, qui a fait l’objet d’un contentieux antitrust aux États-Unis. Juger de la solidité d’un record des Services supposerait de savoir laquelle de ces composantes a bougé, et Apple ne les détaille pas.

La Grande Chine, marché essentiel aux ambitions de croissance d’Apple, a généré 25,53 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, en hausse de 38 % sur un an. Cette performance montre que les produits de la marque conservent un fort attrait dans la deuxième économie mondiale, malgré la concurrence et le contexte macroéconomique. Les efforts de localisation et les partenariats industriels d’Apple en Chine ont joué un rôle important.

La région mérite une réserve supplémentaire, dans un sens comme dans l’autre. Le segment Grande Chine d’Apple couvre la Chine continentale, Hong Kong et Taïwan, et le chiffre est publié en dollars : les mouvements de change comme les variations de stocks dans les canaux de distribution s’y logent donc avant même que la question de la demande des consommateurs ne se pose. C’est aussi le marché le plus volatil d’Apple, passant, dans ses propres publications, de la région la plus dynamique à la plus faible en l’espace de deux ans.

Le parc installé compte désormais plus de 2,5 milliards d’appareils actifs dans le monde, a déclaré le directeur général Tim Cook lors de la publication des résultats. Ce vaste réseau alimente les revenus des Services, renforce l’écosystème et constitue une base pour les futurs lancements et innovations. Cette immense base d’utilisateurs offre également à Apple une connaissance du marché sans équivalent pour concevoir ses produits.

Pour le deuxième trimestre 2026, la direction prévoit une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 13 et 16 % sur un an. Ces prévisions suggèrent qu’Apple anticipe la poursuite de cette dynamique malgré les incertitudes macroéconomiques, les difficultés d’approvisionnement et les pressions concurrentielles sur ses principaux marchés. Maintenir une croissance à deux chiffres à cette échelle constitue en soi une réussite remarquable.

L’écart entre 16 % de croissance du chiffre d’affaires et 19 % de croissance du bénéfice par action mérite une lecture attentive plutôt que rapide. Une partie tient à la marge. Une autre relève de l’arithmétique : Apple mène depuis bien plus d’une décennie l’un des plus vastes programmes de rachat d’actions de l’histoire des entreprises, et un nombre d’actions en baisse fait monter le bénéfice par action même lorsque le profit lui-même progresse plus lentement. Chez Apple, les records de bénéfice par action racontent toujours en partie une histoire de dénominateur.

Les analystes ont accueilli favorablement les résultats, plusieurs d’entre eux relevant leurs objectifs de cours et leurs estimations de chiffre d’affaires annuel. La capacité d’Apple à exécuter à cette échelle tout en conservant son pouvoir de fixation des prix et en améliorant ses marges nourrit leur confiance dans la poursuite de la croissance.

Ces résultats interviennent dans un contexte économique incertain, marqué par les inquiétudes sur la consommation, l’inflation et les taux d’intérêt. La performance d’Apple suggère que son positionnement haut de gamme et la fidélité à son écosystème l’ont en partie protégée des vents contraires qui affectent d’autres entreprises technologiques et d’autres acteurs de la consommation.

Au deuxième trimestre, les investisseurs surveilleront notamment les contraintes d’approvisionnement de l’iPhone, l’effet des nouveaux produits, l’accélération des Services et les performances sur les principaux marchés internationaux, en particulier la Chine. La politique de retour aux actionnaires, entre rachats d’actions et hausse du dividende, traduit également la confiance de la direction dans les perspectives à venir.

Ce trimestre record confirme la place d’Apple parmi les poids lourds économiques, capable de générer bénéfices et valeur pour les actionnaires tout en poursuivant ses investissements dans l’innovation et le design sur l’ensemble de ses catégories de produits.