Le deuxième trimestre fiscal 2026 d’Apple a été marqué par une demande soutenue, plusieurs lancements et des initiatives sur la chaîne d’approvisionnement. Lors de la publication des résultats le 30 avril, les investisseurs examineront plusieurs indicateurs déterminants pour la trajectoire de croissance à moyen et long terme.
La prévision émane d’Apple elle-même, et non des analystes. Le 29 janvier, la direction a indiqué attendre une croissance du chiffre d’affaires de 13 à 16 % sur un an pour le trimestre de mars. Rapportée aux 95,4 milliards de dollars enregistrés au trimestre de mars 2025, la fourchette correspond à environ 107,8 à 110,6 milliards, avec un point médian proche de 109,2 milliards et une croissance implicite de l’ordre de 14 à 15 %. Maintenir un rythme à deux chiffres à l’échelle d’Apple serait remarquable.
Les contraintes d’approvisionnement de l’iPhone ont alimenté les discussions pendant le trimestre. La demande reste forte, mais les capacités de production ont pu limiter les ventes sur certains marchés. Les analystes scruteront donc les revenus de l’iPhone pour mesurer l’effet réel de ces tensions.
Les Services constituent l’activité aux marges les plus élevées et un pilier de la stratégie. Leur chiffre d’affaires a atteint 30,01 milliards de dollars au premier trimestre, en hausse de 14 % sur un an et pour la première fois au-delà des 30 milliards sur un trimestre ; la direction a indiqué en janvier attendre au deuxième trimestre une croissance des Services d’un rythme comparable. Une nouvelle croissance à deux chiffres confirmerait la force du parc installé et la fidélité des clients.
Les performances en Grande Chine renseigneront sur la compétitivité d’Apple dans le premier marché mondial du smartphone en volume. La région avait représenté 25,53 milliards de dollars au premier trimestre, contre 18,51 milliards un an plus tôt ; les chiffres suivants diront si cet élan résiste aux fabricants locaux.
L’effet des droits de douane sur les marges montrera si la diversification industrielle protège efficacement Apple. Les taux restent incertains, mais l’évolution de la marge brute permettra d’estimer l’incidence concrète de ces coûts sur la rentabilité.
Les décisions d’allocation du capital traduisent aussi la confiance de la direction. Les rachats d’actions et le dividende indiquent comment elle évalue le titre et quelle part du capital elle souhaite restituer aux actionnaires. Une hausse des autorisations de rachat signalerait une confiance durable.
Les accessoires, dont l’Apple Watch et les AirPods, occupent une place croissante dans le portefeuille. Leur progression validerait la stratégie d’Apple sur les objets portés et justifierait de nouveaux investissements malgré les difficultés du Vision Pro.
Les revenus du Mac permettront d’évaluer si la génération M5 provoque une vague de renouvellement. Le MacBook Pro M5 est sorti dès octobre, donc au trimestre de décembre ; le MacBook Air M5 a été annoncé le 3 mars et mis en vente le 11 mars, soit à peine deux semaines et demie à l’intérieur du trimestre de mars. Le point n’est pas anodin : les revenus du Mac ont reculé sur un an au premier trimestre, à 8,39 milliards de dollars. Une hausse montrerait qu’Apple Silicon continue d’apporter une différenciation suffisante pour soutenir des prix premium.
La trajectoire de l’iPad indiquera si Apple parvient à le positionner comme outil de productivité et alternative au portable. Des ventes faibles pourraient signifier que les clients arbitrent surtout entre iPhone et MacBook ; une forte croissance traduirait au contraire l’élargissement du portefeuille.
Les dépenses d’exploitation et les marges renseigneront sur l’efficacité opérationnelle. L’échelle d’Apple devrait lui permettre d’absorber une partie des coûts à mesure que les revenus augmentent. Un recul des marges signalerait que l’inflation ou les dépenses concurrentielles neutralisent cet effet.
Le parc installé dépasse 2,5 milliards d’appareils actifs, seuil annoncé par Tim Cook avec les résultats du trimestre de décembre, et constitue la base des futurs revenus de Services. S’il continue de croître, le potentiel à moyen terme de ces activités récurrentes devient plus important.
Apple a souvent communiqué prudemment avant de faire mieux qu’attendu — le trimestre de décembre est ressorti « bien au-dessus de nos attentes », selon les mots de Tim Cook —, si bien qu’un chiffre situé en haut de la fourchette, voire au-dessus, ne surprendrait personne. Reste à savoir si ce schéma se répétera le 30 avril.
Les incertitudes macroéconomiques, entre consommation, inflation et commerce international, restent des obstacles possibles. Le positionnement haut de gamme d’Apple l’a toutefois historiquement protégée d’une partie de la faiblesse générale, comme l’ont montré les résultats du premier trimestre.
La publication offrira la photographie trimestrielle la plus complète de la demande et de la santé financière du groupe. Les prévisions pour le troisième trimestre seront particulièrement importantes pour mesurer la confiance de la direction dans la poursuite de la dynamique en 2026.
Le titre Apple réagit généralement davantage aux résultats et aux nouvelles prévisions qu’aux tendances générales du marché. Des chiffres solides accompagnés d’une perspective optimiste pourraient le soutenir ; une déception ou des prévisions prudentes pourraient au contraire provoquer une correction.
Les résultats du deuxième trimestre fourniront donc des données essentielles pour juger si Apple peut conserver son élan et continuer à créer de la valeur malgré la saturation de certains marchés, la concurrence et l’évolution des dépenses vers les services.