Le MacBook Air est, selon la formule d’Apple elle-même, l’ordinateur portable le plus populaire au monde — une affirmation que l’entreprise répète dans son communiqué sans jamais l’accompagner de chiffres de ventes. La version équipée de la puce M5 reprend la formule qui a séduit des millions d’étudiants, de professionnels et de créatifs : une finesse remarquable, une autonomie légendaire et une utilisation quotidienne sans complications.

L’Air a mis longtemps à conquérir cette position. Présenté en 2008 comme un portable assez fin pour être sorti d’une enveloppe kraft sur scène, il a passé plus d’une décennie à échanger de la performance contre de la portabilité. Ce compromis n’a disparu qu’en 2020, quand le premier modèle à puce Apple s’est passé de ventilateur tout en dépassant la machine Intel qu’il remplaçait.

La puce M5 apporte un gain notable de performances. Gravée en 3 nm de troisième génération, elle améliore le CPU et le GPU tout en conservant l’efficacité énergétique propre à Apple silicon. Dans le MacBook Air, elle associe un CPU de 10 cœurs à un GPU pouvant aller jusqu’à 10 cœurs, et la bande passante de la mémoire unifiée atteint 153 Go/s, soit 28 % de plus que sur le M4 selon les mesures d’Apple.

Ce sont les gains graphiques qu’Apple met en avant. Face à la génération précédente, l’entreprise annonce un MacBook Air M5 jusqu’à 1,5 fois plus rapide pour le rendu 3D avec ray tracing dans Blender, jusqu’à 1,9 fois plus rapide pour l’amélioration vidéo par IA dans Topaz Video et jusqu’à 1,5 fois plus rapide pour le traitement d’image dans Affinity. Ces mesures ont été réalisées par Apple en février 2026 et n’avaient pas été vérifiées indépendamment au lancement.

Comparer avec la génération immédiatement précédente est la façon la moins utile de lire ce chiffre. Apple silicon s’est installé dans un rythme de renouvellement à peu près annuel, ce qui rend chaque étape modeste par construction : les gains se cumulent plutôt qu’ils n’arrivent d’un coup. C’est à celui qui remplace un Air de deux ou trois ans que ces pourcentages s’adressent réellement.

L’accélérateur neuronal se trouve dans chaque cœur du GPU, et non dans le CPU — une distinction à conserver, car c’est elle qui rend les promesses d’IA tributaires de la partie graphique. Apple annonce ainsi des tâches d’IA jusqu’à 4 fois plus rapides que sur le MacBook Air M4 et jusqu’à 9,5 fois plus rapides que sur le modèle M1, les applications pouvant exécuter localement des traitements d’apprentissage automatique plutôt que de les envoyer sur un serveur. Un Neural Engine de 16 cœurs prend en charge le reste des tâches d’intelligence sur l’appareil.

L’autonomie reste inchangée par rapport à la génération M4, à un maximum de 18 heures : il s’agit d’une estimation d’Apple et non d’une mesure indépendante. Pour les étudiants suivant une journée entière de cours ou les professionnels travaillant loin d’une prise, cette endurance limite fortement la crainte de manquer d’énergie, même si le chiffre correspond à des usages légers et non à un rendu prolongé.

Le MacBook Air M5 conserve le langage de design de ses prédécesseurs. Le châssis monocoque en aluminium associe solidité et finition soignée, tandis que l’absence de ventilateur garantit un fonctionnement silencieux. L’écran Liquid Retina — 13,6 pouces sur le petit modèle, 15,3 pouces sur le grand — offre 500 nits de luminosité et un milliard de couleurs, et reste lumineux, précis et lisible sous de larges angles.

L’absence de ventilateur détermine aussi ce que signifie concrètement tout chiffre de performance. Sans refroidissement actif, la puissance soutenue dépend de la vitesse à laquelle la chaleur peut traverser le châssis : une brève salve de test et un export vidéo d’une heure se comportent donc très différemment sur la même machine. Pour l’écriture, la navigation et la bureautique, la distinction ne se manifeste jamais ; pour un rendu prolongé, elle est toute l’histoire.

La connectivité change de génération grâce à N1, la puce réseau maison d’Apple, qui apporte le Wi‑Fi 7 et le Bluetooth 6 en remplacement du Wi‑Fi 6E et du Bluetooth 5.3 du modèle M4. Pour le transfert de vidéos volumineuses, la collaboration dans le cloud ou les appels vidéo, l’évolution est réelle. La connectique ne bouge pas : deux ports Thunderbolt 4, MagSafe et la prise en charge de deux écrans externes.

Le prix, lui, a bougé. Le MacBook Air M5 de 13 pouces démarre à 1 099 dollars aux États-Unis et celui de 15 pouces à 1 299 dollars, soit 100 dollars de plus que la génération M4 qui débutait à 999 dollars. En contrepartie, le stockage de base passe de 256 à 512 Go, le SSD est annoncé deux fois plus rapide en lecture et en écriture, et les configurations montent pour la première fois jusqu’à 4 To. La mémoire démarre à 16 Go et peut être portée à 24 ou 32 Go.

Ce choix mérite plus de réflexion qu’on ne lui en accorde d’ordinaire sur la page de commande. Sur les Mac Apple silicon, la mémoire et le stockage font partie du boîtier et ne peuvent pas être modifiés ensuite : la configuration retenue à la hâte devient définitive pour toute la vie de la machine. Commander un palier de mémoire de plus que ne l’exige le travail actuel reste systématiquement l’erreur la moins coûteuse.

Le MacBook Air M5 s’adresse à un public large. Les étudiants profitent de ses performances, de son autonomie et de sa fiabilité ; les créatifs bénéficient du GPU renforcé et de l’accélération de l’IA ; les professionnels retrouvent macOS et l’intégration avec l’iPhone et l’iPad.

L’engagement environnemental d’Apple se traduit notamment par un boîtier utilisant 100 % d’aluminium recyclé. L’entreprise poursuit parallèlement sa feuille de route vers une fabrication et une expédition neutres en carbone, preuve d’une responsabilité d’entreprise assumée en parallèle de l’innovation produit.

Cette génération illustre la maturité d’Apple Silicon : la conception de puces sur mesure permet de conjuguer performances et efficacité face aux approches conventionnelles. Pour les millions d’utilisateurs de MacBook Air dans le monde, le M5 apporte des progrès tangibles sans renoncer à la simplicité et à la fiabilité qui définissent la gamme.